Premiers résultats de l’enquête nationale « Libertés associatives et pouvoir d’agir dans la culture »

Communiqué de la Mobilisation & Coopération, Art et culture

Un phénomène alarmant de coupes et de tensions généralisées sur l’économie et les libertés des structures culturelles citoyennes

Un plan social à bas bruit 

96 % des structures répondantes (équipes artistiques, lieux, festivals, écoles, radios, etc). déclarent rencontrer des difficultés budgétaires, dont les deux-tiers « souvent ». Leurs marges de manœuvre sont réduites à néant, précarisant les fonctionnements et les activités. 

Concrètement :

  • Les ressources chutent : 45 % des structures ont vu leurs ressources globales diminuer entre 2024 et 2025, contre 17 % seulement qui ont connu une hausse. Pour celles qui ont chiffré leurs pertes, la baisse moyenne atteint 22 130 €, soit environ 10 % du budget d’une association culturelle employeuse. Les 183 structures concernées cumulent à elles seules plus de 4 millions d’euros de financements perdus.
  • Les perspectives se dégradent : 59 % anticipent une nouvelle baisse de leurs moyens en 2026, et 55 % un recul de leurs financements publics.
  • Les trésoreries s’affaiblissent : 44 % disposent de moins de trois mois de trésorerie, dont 12 % de moins d’un mois.
  • L’emploi est touché : 19 % prévoient de réduire l’emploi permanent, 23 % l’emploi de salarié·es intermittent·es, et 15 % les contractualisations avec des artistes-auteur·ices.

Des libertés sous tension

Déjà mises à mal par le désengagement de l’État et de nombreuses collectivités territoriales, menacées par la marchandisation et la concentration, ces structures subissent de surcroît des tensions et des entraves :

  • Les pressions se généralisent : 20 % ont déjà connu des rappels à l’ordre, tensions, menaces ou convocations liés à leurs actions ou prises de position – dans 45 % des cas, ces pressions provenaient d’élu·es.
  • Les sanctions sont fréquentes : une structure répondante sur quatre (23 %) déclarent avoir subi des sanctions ou attaques (symboliques, réputationnelles, financières, physiques ou légales) en lien avec ses activités.
  • L’auto-censure est avérée : 30 % des structures déclarent avoir renoncé à certaines actions ou prises de position par crainte de tensions ou de conflits.

Ces 1ères tendances vont être consolidées et affinées ces prochains mois, et feront l’objet d’un rapport complet, travaillé avec l’Observatoire des Libertés Associatives et les autres partenaires, intégrant un volet qualitatif, à paraître début 2027.

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