Département : Indre-et-Loire (37)

Catégorie : Actualité du Pôle

Rencontre avec Maxence SERGENT, chargé de production pour le Collectif La Saugrenue

Rencontre avec Maxence SERGENT, chargé de production pour le Collectif La Saugrenue

par Laure Clarenc - le 07/02/2022

Dans l'objectif de mettre en lumière ses adhérent·es et de favoriser les échanges, la Fraca-Ma réalise des interviews avec des salarié·es ou des bénévoles de chaque structure membre. Pour ce nouvel épisode, nous avons discuté avec Maxence SERGENT, chargé de production pour le Collectif tourangeau La Saugrenue.

> Bonjour Maxence, tu es chargé de production au sein du Collectif tourangeau La Saugrenue. Peux-tu nous faire une petite présentation du Collectif ? Quel a été le point de départ de sa création ?

La Saugrenue – Collectif de musiciens - a été créée en 2002, dans l'optique d'une professionnalisation. À cette époque, une bande de copains sortie des conservatoires, mais pas que, avait monté une fanfare de rue dans le style musiques actuelles. Appelée « La Goutte au Nez », elle a d'ailleurs connu un beau succès ! Ce fut une première étape de « structuration », puisque très vite, et en interne, ont émergé un poste de chargé de diffusion et un poste de compta-gestion.

> Peux-tu nous parler de tes missions au sein du Collectif ainsi que de ton parcours professionnel ? Comment es-tu arrivé au sein de La Saugrenue ?

Je suis arrivé au sein du Collectif en décembre 2011 car La Saugrenue recrutait un chargé de diffusion. Le courant est bien passé.... Je venais de « l'autre côté du miroir », à savoir l'organisation de concerts et d'événements, sur Bourges et avant cela, du secteur de la communication, de la presse, de la publicité. Le passage en diffusion peut être délicat car il faut soit « venir » avec son réseau ou carnet d'adresse, soit, et c'était mon cas, le créer, ce qui prend du temps.
Mes principales missions sont la diffusion, à savoir faire connaître et vendre les spectacles vivants des artistes du Collectif, ce qui est indissociable de la communication, avec la presse, le réseau professionnel et le public. Je suis également très impliqué dans les événement « collectifs » (soirée Saugrenue, So What) et justement, en 2022 et 2023, nous célébrerons l'anniversaire du Collectif au travers plusieurs collaborations.

> Vous avez accueilli le groupe Suck Da Head en 2021 au sein du Collectif. Comment fonctionnez-vous au sein du Collectif ? Qu'est-ce qui détermine le choix, ou non, d'accueillir au nouveau groupe ?

Effectivement, Suck Da Head est aujourd'hui un groupe produit et diffusé par La Saugrenue. Il est passé d'abord par le statut « d'artiste associé », c'est à dire une phase d'accompagnement, qui peut déboucher sur une prise en charge complète. Mais le Collectif n'accueille pas de nouveau groupe extérieur. Tous les projets qui sont, ou ont été, diffusés par La Saugrenue sont crées ou « amenés » par un membre du Collectif. À ce titre, nous ne recherchons donc pas de groupes, comme on peut le concevoir dans une production « classique ». Toutes les décisions liées au Collectif sont prises et votées collégialement par les administratif·ves, les musicien·nes et les technicien·nes.

> Au total, vous accueillez actuellement 8 formations au sein du Collectif. Est-ce vous avez un objectif au niveau du nombre de groupes que vous souhaiteriez accueillir ?

Nous n'avons aucun objectif. Ce sont les musicien·nes qui déterminent et proposent des projets. Par la suite, nous évaluons si une diffusion est possible et nous mettons en œuvre les moyens de production, tels que les résidences, l'enregistrement, les demandes de subventions sur les projets etc. Nous ne réfléchissons pas en terme de « catalogue », mais plutôt en terme de projet professionnel qui doit pouvoir se développer. La réussite ou l'échec de nos productions nous pemettent d'avoir un retour d'expérience important afin de continuer à évoluer, la composante essentielle si nous souhaitons poursuivre cette aventure collective durablement.

> Le Collectif va fêter ses 20 ans cette année. Quel bilan tirez-vous de ces 20 années d'existence ?

Oui, en 2022 et en 2023, point d'orgue de cet anniversaire, nous célébrerons nos 20 ans. Sans m'aventurer seul dans un bilan général, je pense que, déjà, nous pouvons être assez satisfaits de durer. Les membres de 2002 sont encore quasiment tous dans le Collectif. Ils ont fondé des familles et les enfants seront, dans pas si longtemps que ça, peut-être celles et ceux qui poursuivront l’aventure Saugrenue. Nous pouvons aussi affirmer que La Saugrenue s'est structurée professionnellement, de façon continue, et aujourd'hui on compte au bureau : un administrateur, une chargée de communication, deux chargés de diffusion et un alternant, en plus, évidemment, de tout un écosystème de collaborateur·rices régulier·ères ou ponctuel·les : graphistes, vidéastes, designer, constructeur·rice, costumier·ères, régisseur·eusses, technicien·nes, etc. Nous sommes toutes et tous, membres et personnel du Collectif, inter-dépendants du travail de chacun·e : artistique, diffusion, communication et production.

> Avez-vous des projets particuliers pour cette année "anniversaire" ? Et également à plus long terme ?

Oui. Nous annoncerons courant 2022 nos festivités. Mais nous pouvons d'ores et déjà vous dire que nous aurons des cartes blanches cette année, et en 2023, sur des festivals importants du 37, mais aussi un gros point d'orgue en avril 2023, avec un événement de grande ampleur au 37ème Parallèle. Bien entendu, nous voulons garder le secret encore un peu...

> En parlant de projets à plus longs terme, comment le collectif s'adapte-t-il à la crise sanitaire actuelle ? Et quel en a été son impact au sein du Collectif ?

Comme toutes les structures culturelles, nous avons subi de plein fouet la crise sanitaire : annulations sèches, reports, puis reports annulés. Aujourd'hui encore, et je pense que ce sera encore le cas en 2023, la diffusion est « bloquée » car les programmateur·rices jonglent avec leurs reports mais aussi les conséquences économiques de la crise. Donc, la période est difficile, pour les musicien·nes qui jouent peu, alors que c'est le sel de leur métier, mais aussi pour tout l'environnement professionnel qui entoure la production d'un spectacle. Le temps « libre » s'est alors transformé en moment de création, en temps de travail pour développer encore plus les projets et en temps de poursuite dans le développement de l'association. Il faut toutefois souligner que La Saugrenue a su « garder la tête hors de l'eau » grâce aux nombreuses aides aux structures, quand elles sont bien gérées, et le dispositif du chômage partiel.

> La crise aura-t-elle transformé la perception que tu peux avoir de ton travail ou celle que tu peux avoir du secteur ?

Pas spécialement. La diffusion est compliquée depuis mars 2020, c'est certain. En cause, les budgets et les embouteillages de calendrier, plus une fréquentation qui reste trop faible notamment à cause des contraintes sanitaires et de la période anxiogène que nous vivons. Je note quand même que l'intermittence reste un statut protégé. Combiné à une gestion compétente, ce moment « Corvidé » n'a pas fragilisé notre structure.

> Quel bilan aimerais-tu que la société tire de cette crise sanitaire ? Et quel serait, pour toi, l'après-crise idéal ?

Il faudrait un ministère de la Culture, ce serait une bonne idée. Avec un·e ministre qui vienne du sérail et qui ait de l''expérience... Je sais, l'utopie... Sinon, plus sérieusement, je suis pour davantage de formation. J'ai noté une grande méconnaissance de l'environnement professionnel du·de la musicien·ne par les musicien·nes eux·elles-mêmes. Ce qui freine ou pire, entraîne l'effondrement des projets artistiques parfois prometteurs. Idem pour les administratif·ves. Se former, faire une veille permanente, permet de rester en alerte et adapté.

Un grand merci à Maxence SERGENT pour cet échange autour du collectif La Saugrenue !

 

Découvrez la playlist de La Saugrenue et de Maxence SERGENT.

Voir aussi dans l'annuaire :

  • Collectif la Saugrenue

« article précédent article suivant »