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Catégorie : Autre

Rencontre avec Bérénice Simonet, gérante de Berenice Prod et adhérente à la Fraca-Ma

Rencontre avec Bérénice Simonet, gérante de Berenice Prod et adhérente à la Fraca-Ma

par Laure Clarenc - le 23/03/2021

Dans l'objectif de mettre en lumière ses adhérent·e·s et de favoriser les échanges, la Fraca-Ma lance une série d'interviews. Pour ce nouvel épisode, découvrez Berenice Prod, structure d'accompagnement d'artistes et sa créatrice, Bérénice Simonet.

> Bonjour Bérénice ! Tu es entrepreneuse et créatrice de Berenice Prod, une structure d'accompagnement d'artistes. Peux-tu nous parler de sa création ?

J'ai 47 ans. Je suis manageuse d'artistes en musiques actuelles et je suis basée dans le Loiret, à Châteauneuf-sur-Loire, non loin d'Orléans. J'ai travaillé pendant 20 ans dans la finance, puis depuis 4 ans je suis dans la culture. Ma structure Berenice Prod est née il y a deux ans.

> Peux-tu nous parler des artistes que tu accompagnes, des services que tu proposes ?


Je travaille à la prestation de services. Je fais du sur-mesure. Chaque artiste n'a pas forcément les mêmes besoins et avant tout de chose, j'ai besoin d'une relation basée sur la confiance. Aujourd'hui en région Centre-Val de Loire, j'accompagne l'artiste Joolsy, mais je travaille aussi avec des artistes de Franche-Comté. Comme je fais du management, je suis une sorte de double des artistes. Je peux proposer des services de promotion (recherche de presse, radios, webzines...) notamment pendant les périodes de fortes actualités artistiques. Si on me le demande je gère les réseaux sociaux, j'aide au booking. Je monte des dossiers de subvention, je fais de la recherche de partenariats (labels, tourneurs, éditeurs...) selon les besoins. Je fais de la mise en réseau sur les salons professionnels. Je mets également en place des stratégies de développement pour les artistes émergents. Je fais de la recherche de synchro. Aujourd'hui je travaille avec les 3 profils artistiques ; émergements, middle ou complètement professionnels et je m'adapte selon leurs besoins à l'instant où je les accompagne. Au début, les artistes o,nt davantage besoin de moi pour leur stratégie de développement, apprendre les codes de la professionnalisation. Arrivée sur du middle, je vais plutôt faire de la recherche de professionnels. Leur point commun sera surtout la promotion, la gestion des réseaux sociaux et l'aide au booking, sauf s'ils sont déjà accompagnés par un tourneur. C'est vraiment du sur-mesure.

> Peux-tu nous expliquer ton parcours professionnel au sein des musiques actuelles et ce qui t'a emmené à vouloir y travailler ?

J'ai fait mes premiers pas dans la culture il y a 4 ans. Dans un premier temps, je l'ai fait par passion et non professionnellement, avec des artistes qui faisaient des reprises etc. Puis j'ai ressenti le besoin de me professionnaliser quand j'ai accompagné un artiste de la région Centre-Val de Loire qui lui, avait un objectif professionnel et pour lequel j'ai vraiment senti que j'avais envie de l'accompagner mais pas n'importe comment. C'est à ce moment-là que je me suis dit que j'allais tenter l'aventure. Mais avant de quitter mon travail, de me reconvertir, je me suis dis qu'il fallait que je commence par l'apprentissage des codes, de la même façon que se fait l'accompagnement d'un artiste émergent. C'est le même processus : connaître les codes de la profession, se faire un réseau. Je me suis dirigée vers des formations courtes, comme "Organisation du monde de la musique" proposée par Les Formations d'Issoudun, j'ai également fait la formation "Booking" et plus récemment la formation "Régisseur". Dès que j'ai pu, je me suis inscrite à deux formations chez Écopia, qui portaient sur les contrats juridiques et l'entrepreneuriat dans le monde de la culture. J'ai également rejoint une formation "management d'artistes" à l'IRMA (ndlr qui a aujourd'hui fusionné avec le Centre National de la Musique), sur Paris. En parallèle je me suis inscrite à la première session SODA de la Fraca-Ma, dans l'objectif d'être accompagnée dans la structuration de mon projet professionnel.

> Quel a été l'impact de la crise Covid sur ta structure ?

Je ne sais pas si c'est lié à l'impact du Covid ou au fait que je commence à percevoir les fruits de mon travail, mais j'ai augmenté mon chiffre d'affaire. Je pense qu'il y a eu l'effet Covid puisque la crise a accéléré l'envie pour les artistes, qui n'avaient pas la possibilité de jouer sur scène, de faire de la promotion. Nous avons travaillé sur leur actualité de manière régulière. J'ai trouvé que les professionnels de la communication et des médias étaient également plus ouverts et sensibles à notre approche. Les choses ont été plus simples. Je les ai trouvés plus à l'écoute, ce qui a permis d'avoir davantage de visibilité pour les artistes que j'accompagnais. J'estime que c'est certainement un effet Covid. Mais je pensais que, de toute façon, j'allais augmenter mon chiffre d'affaire. Je savais que ça a allait s'accélérer rapidement. Il y a un impact Covid mais plutôt très positif pour moi, parce que j'ai un modèle économique qui permet que les choses évoluent en ce sens.

> Tu n'as donc connu aucun arrêt de ton activité ?

J'ai même eu davantage d'activité. Nous avons pris le parti de se dire que c'était des opportunités que nous pouvions obtenir. J'ai un modèle économique qui n'est pas basé que sur de la commission, mais plutôt sur de la prestation de service. Je facture à la prestation et je fais du sur-mesure avec les artistes donc je ne me suis pas sentie danger et bien au contraire. Je trouve que la situation a facilité beaucoup de choses pour moi.

> Est-ce que cette crise a fait naître d'autres idées de projets ?

Personnellement oui, j'ai monté une émission de webradio, qui fonctionne très bien, qui n'est pas professionnelle et qui n'a pas vocation à le devenir. Je n'ai aucune formation. Mais j'avais déjà le concept depuis longtemps et on m'a offert le support qui me permet de projeter cette envie. C'est une émission qui fait la promotion de quelques artistes, elle est ouverte à l'émergence territoriale mais ce qui m'intéresse également ce sont les personnes de l'ombre, dont je fais partie et qui sont très nombreuses. Un artiste sur scène c'est en moyenne 20 à 80 personnes derrière, même si cela dépend aussi de la professionnalisation de l'artiste. Il y a tout un tas de professionnels qui gravitent dans l'entourage de l'artiste. Et ce qui m'intéresse c'est de dresser les portraits de ces personnes, de savoir comment elles en sont arrivées à ce qu'elles font aujourd'hui. Chaque parcours est différent et ne se ressemble pas. J'avais envie de le montrer. L'émission est diffusée via Radio Webpassion, le lundi soir de 19h à 20h, deux fois par mois, sous format d'interview avec des playlists, des invités. Je fais beaucoup d'enregistrements auprès de'ntervenants. Je leur propose de parler de leur parcours etc et je me déplace. Je ne reste pas forcément en studio. Je vais jusqu'à Paris et dans toute la Région Centre-Val de Loire. C'est riche de rencontres.

> Et par rapport à Berenice Prod, est-ce que la crise a eu des conséquences sur tes projets ou sur ta façon de mettre en place ton accompagnement, ta perception de ton activité etc ?

Je suis moi-même en train de me construire, je suis en phase de développement, tout s'ajuste et se réajuste. Je commence à voir où je peux plus facilement travailler et avec qui. J'ai l'impression que je suis en train de me trouver, de trouver mon rythme, mon équilibre. Même si on a l'impression que je fais beaucoup de choses, il s'agit surtout d'une question de niveaux de professionnalisation. On monte d'un pallier selon les besoins, les profils... Il y a des marches.

> Pour toi, quels serait l'après-Covid idéal, tout domaine confondu ?

Je suis d'une nature terre à terre parce qu'à la base, je suis une financière. Bien sûr j'accorde de la place aux rêves mais je suis très réaliste sur l'après-Covid et je ne peux m'empêcher d'avoir les pieds sur terre. Je pense qu'il faut être réaliste. J'ai espoir qu'on puisse changer les mentalités, notamment sur l'aspect financier. On veut toujours faire de l'argent à court terme. Et en même temps, nous parlons beaucoup d'environnement, d'écologie... alors que ce sont des sujets qui prennent du temps, qu'il faut voir sur du long terme. Il y a un problème entre la partie environnementale et la rentabilité à court terme. J'ai espoir qu'on puisse faire rentrer un carré dans un rond (rires). Pour moi l'après-Covid passera par une consommation intelligente, et c'est nous qui avons la main pour faire évoluer cela. J'ai espoir que cette crise liée au Covid fasse prendre conscience aux gens qu'on a la main sur notre avenir et que ce mieux être passera par le bien être de notre planète. Aujourd'hui, nous nous faisons tous du mal à cause de cette situation. Nous faisons du mal à la planète mais à nous aussi en même temps. J'ose espérer que nous nous recentrerons davantage... Et pour parler de la culture, pour moi, elle n'a jamais été à l'arrêt. C'est l'industrie de la culture qui est à l'arrêt.

> Tu es adhérente à la Fraca-Ma depuis un an. Qu'est ce qui a motivé ton souhait de rejoindre le réseau et qu'est-ce que tu attends d'un réseau régional : coopérations ? Échanges ?

J'ai choisi d'adhérer à la Fraca-Ma parce que je suis basée en Région Centre-Val de Loire et que je suis actrice de ce territoire. Je travaille avec des artistes régionaux mais pas que. Et il me semblait important d'adhérer au réseau de ma région. Notamment à cause de mon parcours de formation, j'ai été un peu "formatée" par le réseau de la Fraca-Ma, notamment Les Formations d'Issoudun, Écopia, qui font partie de la Fraca-Ma. Mais aussi le SODA, porté par la Fraca-Ma. J'ai été, en quelque sorte, moulée par la Fraca-Ma donc il me semblait logique que derrière, il y ait une adhésion à la fédération. C'est un processus qui se fait depuis 4 ans et il me semblait logique d'intégrer une "famille", un réseau qui corresponde à mon type de formation. Mais je ne suis pas en attente de travailler avec le réseau de la Fraca-Ma parce que je suis indépendante, je fais mes choix et je ne travaille pas uniquement avec la région Centre. Je n'ai pas besoin d'avoir des coopérations via la Fraca-Ma pour faire du chiffre d'affaire. Ceux qui veulent travailler avec moi sont des artistes qui viennent directement ou bien des professionnels qui me recommandent auprès des artistes qui, ensuite, viennent me voir. Et aujourd'hui, ce n'est pas en Région Centre-Val de Loire que j'ai le plus de demandes. Ce que j'attends d'un réseau c'est, comme tu le fais tous les vendredis, de l'information concentrée, à jour, pertinente, enrichissante. Mais je précise cependant que je ne refuse pas de travailler avec qui que ce soit, dans le cas où il y a un intérêt commun à travailler ensemble, peu importe la région, le territoire... Beaucoup d'artistes ont des besoins, des projets magnifiques, partout en France. Mon activité est large et je travaille beaucoup à distance. Ce qui me laisse de l'indépendance et en même temps de la fragilité parce que je travaille seule. Le réseau Fraca-Ma me permet également de savoir ce qui se passe en Région, d'être moins isolée.

> Voudrais-tu ajouter quelque chose ?

En règle générale, pour démarrer une collaboration, que ce soit avec des labels ou des artistes, qui correspondent aux deux types de collaborations que j'ai aujourd'hui, mais aussi pour toutes les relations que j'ai, de près ou de loin, j'ai besoin de confiance, de réactivité et de voir qu'il y a un intérêt commun à travailler ensemble. S'il n'y a pas tout ça, il n'y a pas de collaboration. Je ne peux pas travailler avec une structure pour laquelle je n'ai pas confiance, et qui n'est pas réactive... Dans la musique tout va très vite, si quelqu'un me dit oui il faut appliquer. Et quand il y a tout ça, il y a toutes les chances que la collaboration soit fructueuse et qu'on soit sur une collaboration pérenne.

 

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