Département : Loir-et-Cher (41)

Catégorie : Autre

Rencontre avec Jocelyn BORDE, directeur de Figures Libres, structure adhérente à la Fraca-Ma

Rencontre avec Jocelyn BORDE, directeur de Figures Libres, structure adhérente à la Fraca-Ma

par Laure Clarenc - le 13/10/2020

Dans l'objectif de mettre en lumière ses adhérent·e·s et de favoriser les échanges, la Fraca-Ma lance une série d'interviews. Pour ce huitième épisode, découvrez Figures Libres, association organisant notamment plusieurs festivals, concerts et actions culturelles dans le Loir-et-Cher (41).


> Bonjour Jocelyn, tu es le directeur de Figures Libres, structure adhérente à la Fraca-Ma qui organise notamment les Rockomotives, Gare à la Rochette et le Charivari Jazz Festival, des événements qui se déroulent chaque année dans le Loir-et-Cher. Vous êtes également à l'origine de nombreuses autres actions culturelles. Peux-tu nous faire un rapide historique de la création de la structure ? Dans quel cadre la structure a-t-elle été créée et quels étaient les objectifs initiaux ?


L'association Figures Libres a été créée en 2003 mais le festival des Rockomotives, qui est l'un des pylônes de la structure existe depuis plus longtemps. Nous allons fêter la 29ème édition cette année. Richard Gauvin, le directeur artistique, était déjà en mairie depuis la 3ème édition des Rockomotives. Il s'occupait des missions de diffusion et de programmation pour les musiques actuelles. Puis la complexité d'un mode de gestion en régie directe, pas toujours adaptée à l'organisation d'un événement à l'image des Rockomotives, couplée à la volonté de développer des actions ont fait que Richard a proposé, avec d'autres confrères, collègues et membres du conseil d'administration de l'époque, la création d'une association et la collectivité a créé une délégation de service publique. Un marché public a été passé et il a été remporté par Figures Libres. Depuis, l'association a multiplié les réponses aux appels d'offres pour ce marché public et a développé son projet culturel. Le festival des Rockomotives existe sous cette forme depuis fin 2003. Il a évolué légèrement puis d'autres événements ont été créés : Gare à la Rochette il y a 10 ans, le Charivari Jazz Festival il y a quelques années. Puis nous avons également assis nos diffusions, nos transmissions artistiques... Tout cela s'est fait au fur et à mesure.

> Depuis quand es-tu directeur de la structure et quel est ton parcours dans les musiques actuelles ?

Je suis sur le poste de direction mais nous sommes trois salariés permanents et nous ne sommes pas sur une hiérarchie poussée. Les missions sont partagées et nous sommes davantage sur une coordination de nos compétences respectives. Personnellement, je suis plutôt sur la gestion, l'administration, les relations syndicales, politiques... Richard est sur la direction artistique et la communication et Victor s'occupe de la production et de la vie bénévole.
En ce qui concerne mon parcours, je suis arrivé dans la structure en 2007. J'ai eu diverses expériences en lien avec la culture, j'ai notamment fait un stage court dans un grand théâtre à Lorient, j'ai fait un master sciences politiques à Reims, avec une spécialisation sur la gestion culturelle. À Reims j'ai également rencontré Rodolphe, qui était, à cette époque, le programmateur de La Cartonnerie. Nous avons beaucoup travaillé ensemble. Et de fil en aiguilles je suis rentré dans le monde du travail et je suis arrivé à Vendôme. Ce poste à Figures Libres me permettait à la fois de continuer l'engagement associatif qui me suivait depuis mes 18 ans et de mettre à profit mes études et les compétences que j'avais sur la gestion, la collectivité, le droit, la finance, et tout cela auprès de ce qui m'éveillait dans ma vie de tous les jours, à savoir les musiques actuelles. À l'âge de 20 ans je me suis également rendu compte qu'il y avait des métiers autour de la culture. J'ai eu un déclic lors d'un stage en administration de théâtre. J'avais entamé une réflexion sur la façon d'allier l'organisation de concert que l'on fait par engagement purement associatif et désintéresser à l'impact que nous pouvons avoir sur la cité, les politiques publiques. L'objectif était d'entrer dans quelque chose qui dépasse l'organisation simple de concerts mais dont le but est le même.

> Donc ton objectif était de faire se rejoindre le politique et le culturel ?

Oui. Notre vision d'envie de société s'affine au fur et à mesure que nous grandissons. Ce prisme était assez important pour moi et j'avais aussi une appétence importante pour les musiques actuelles. J'ai toujours transité autour de ce milieu, notamment avec mon engagement associatif. En fin d'études à Sciences Politiques, sur une promotion de 12 étudiants, nous étions peut-être deux, maximum, à nous intéresser aux musiques actuelles. Ce sont toujours les musiques actuelles qui m'ont motivé, un courant qui n'était pas le plus mis en avant au sein de la culture au sens large.

> Le territoire du Loir-et-Cher doit-être assez intéressant à développer...

Oui, c'est un territoire assez dynamique. Je ne connaissais pas la ville de Vendôme avant ma prise de fonction chez Figures Libres sur le poste d'administrateur. Je me suis rendu compte du dynamisme d'une ville de 18 000 habitants sur une agglomération de 25 000 habitants, qui est un peu plus grande maintenant puisqu'il y a eu des élargissements. Mais il y a beaucoup de spectacles vivants au sens large : théâtre, conte, danse, de festivals, d'événements autour du film avec CICLIC, le festival du film de Vendôme... Je me suis retrouvé dans cet univers avec des gens moteurs comme Richard. On a créé des familles, notamment musicales et dans toute la France, qui suivent le projet. C'était très émoustillant. Je dois beaucoup à Richard sur mon implication et sur ma volonté de siéger ici. Il a réussi à créer des émulsions qui ont permis de faire émerger des laboratoires d'expérimentations. Et tout cela peut se faire parce qu'ici, il y a des collectivités qui, peu importe le changement de municipalité, ont laissé cette liberté, ont laissé possible ces expérimentations.

> La prochaine édition des Rockomotives doit débuter dans quelques jours. Comment te sens-tu à l'approche de la date ?

Je suis ni serein ni angoissé. Cette année est vraiment particulière. Nous prenons les problèmes les uns après les autres et nous essayons de trouver des solutions. Tout ne sera pas parfait mais ce n'est pas très grave. L'important c'est l'élan que nous donnons à tout cela et le fait de faire les choses en respectant un cadre dont le but est de ne mettre personne en danger. C'est ce qui est important. Evidemment, la manifestation est un peu entravée par rapport à d'habitude mais elle existe et elle a le mérite d'exister. Elle a également le mérite d'avoir conservé une âme festivalière. Richard et Victor ont particulièrement travaillé là-dessus. Ils ont été source de nombreuses idées sur cette manière de conserver la culture et le fun qui manquent clairement dans notre société actuellement. Je ne suis pas médecin donc je dis tout cela sans avoir d'avis sur les décisions gouvernementales face au coronavirus. En tous cas je ne suis pas angoissé, pas serein, je suis juste impatient que le festival commence car je pense qu'il y a de nombreuses personnes qui ont en besoin. J'ai fait des ouvertures de saison, notamment celle du Temps Machine et on sent que ce public qui l'habitude d'aller dans nos événements est en attente d'une reprise d'activité culturelle, de pratique, de découverte de spectacles, d'émotion... J'ai envie de mettre tout cela à profit. Et on se défend d'être angoissé parce que le climat est tellement complexe depuis six mois que nous ne pouvons pas laisser la place à un sentiment d'angoisse, sinon on ne fait rien. Nous sommes juste plein d'envie.

> Afin de permettre la tenue de l'événement (toujours confirmé à l'heure actuelle), quels sont les aménagements que vous avez été contraints de mettre en place ?

Le festival se déroule toujours sur plusieurs lieux, toute une semaine. Pour cette édition, nous sommes vraiment sur du multi-lieux. Le festival va se dérouler dans cinq endroits différents, mais nous n'avons plus la grande salle parce que nous passons en configuration assise intégralement, comme 98% des spectacles actuellement. Nous utiliserons le théâtre, nous avons re-configuré la Chapelle Saint-Jacques qui devient une salle intégralement assise, nous avons re-configuré le Troisième Volume avec des gradins. Nous utilisons tous les lieux possibles à Vendôme, avec l'envie de faire un point central à La Fabrique du Dr Faton, un club qui existe depuis quelques années, qui accueille des résidences d'artistes, des plasticiens... et qui se trouve en centre ville, à proximité du Minotaure. Nous voulions manifester ce lieu comme le point névralgique du festival. Le public sera dans la cour. Richard et Victor ont créé un parcours, qui permettra au public d'aller de lieu en lieu, avec des moments de pause pour pouvoir se restaurer, boire sa bière. Tous les spectacles seront masqués et assis. Nous avons reconstruit un festival en trois semaines début septembre, avec ce nouveau protocole, alors que d'habitude cela nous prend six mois. Nous avons également dû faire des choix dans l'organisation, nous avons fait moins de communication... Victor a aussi créé 25 billetteries et tous les événements, même gratuits, donnent lieu à des réservations. Chaque concert doit être réservé et chaque groupe joue dans un lieu différent.

> Sur le format initial du festival, avez-vous été confronté à de nombreuses annulations d'artistes, de tournées ?

Nous avons réduit notre programmation. Nous sommes passés de 42 formations à 28, avec un mélange de tournées qui s'annulent et de choix que nous avons été contraints de faire pour des raisons budgétaires ou des complications liées au nouveau format assis. Ce sont des douleurs d'avoir dû annuler des projets mais nous n'avons malheureusement pas le choix. Des tournées ont également été annulées parce que ce sont des projets étrangers qui viennent de pays en zone rouge, ou parce que les transports étaient trop complexes à gérer. D'autres grosses tournées, comme celle d'Izïa se sont annulées intégralement.

> Vous avez également été contraints d'annuler vos autres festivals. Quel est l'impact de ces annulations sur la structure ? Envisagez-vous de reporter vos festivals et leur programmation ou de repartir sur de nouvelles bases l'année prochaine ?

Nous avons tout annulé depuis le mois de mars. Nous avons fait deux concerts de rentrée en collaboration avec le Chato'do, la Halle aux Grains et l'Hectare, sur de nouvelles propositions, mais depuis mars nous avons annulé tous nos concerts de saison, mais aussi le festival Gare à la Rochette et le Charivari. Nous avons reporté à 2021 toutes nos actions culturelles, à l'image de notre projet en cours avec l'école des Montils, Pierre Lambla et So-lo-lo ; un projet qui tournait autour de la création d'un instrumentarium. Nous avons également reporté notre projet avec Turnsteak qui devait se rendre au sein d'un IME pour travailler autour de la création et de la musique électronique. En ce qui concerne les concerts, nous avons tout annuler. Nous avons essayé de reporter sur les Rockomotives quelques dates qui avaient lieu dans l'année. Ce fut un jeu un peu complexe. Le concert des Ogres de Barback est reporté à la fin de l'année. Les festivals Gare à la Rochette et le Charivari ont purement et simplement été annulés. Ils auront lieu l'année prochaine et il n'y aura pas de report intégral de l'édition prévue en 2020. Nous avons envie de créer des histoires chaque année. Il y aura certainement des artistes qui devaient être programmés sur Gare la Rochette qui le seront de nouveau l'année prochaine et d'autres qui ne le seront pas ou qui le seront au cours de l'année. Nous essayerons d'être au plus juste. Gare à la Rochette est une programmation protéiforme, qui regroupe Figures Libres mais aussi le comité des fêtes de Thoré-la-Rochette, des groupes de la région, du département, des écoles de musique... Plusieurs acteurs différents sont concernés par cet événement. Le Charivari Jazz Festival, quant à lui, est un rassemblement de musiciens de la région Centre commandée par Pierre Lambla. Elle propose des rencontres avec plusieurs autres structures adhérentes à la Fraca-Ma comme le Capsul Collectif, le Tricollectif et avec des artistes américains de la ville de Détroit qui font de la musique improvisée. Ces deux événements ont été annulés car ils se déroulaient en plein pendant la pandémie. Le Charivari aura de nouveau lieu l'année prochaine mais je ne peux pas encore dire sous quelle forme. Je ne suis pas certain que les américains puissent se déplacer d'ici avril/mai prochain. Peut-être qu'il y aura une présence plus marquée d'artistes de la région mais il est encore un peu trop tôt pour en parler. Nous verrons cela après les Rockomotives.

> Figures Libres n'est plus uniquement une association qui organise des festivals et des actions culturelles. Vous avez également créé un label, Figures Libres Records. Quelle a été la motivation pour la création de ce label ?


Richard et des collègues à lui avaient créé, il y a quelques années, le Thoré Single Club qui correspond à une collection de 45 tours d'artistes qui ont été défendus par Figures Libres et sa programmation, et pas uniquement d'artistes régionaux. Mais l'histoire touchée à sa fin en terme de collections et il y avait une envie de sortir d'autres choses. Le groupe Geysir originaire de Thoré-la-Rochette, qui nous avions précédemment accompagné, devait sortir une nouvelle production et partir en tournée support de Yann Tiersen. Le groupe avait besoin d'un label et nous nous sommes mis d'accord, en équipe, pour le faire nous-même. Nous avons les compétences, la structure qui le permet, l'envie de défendre des projets qui ne trouvaient pas forcément des labels. Nous sommes sur des sorties à 300 voire 500 exemplaires et nous avons passé un deal avec L'Autre Distribution, qui distribue nos projets. L'idée vient vraiment d'une envie de défendre des projets de la région Centre mais pas que, puisque l'année prochaine nous allons sortir un projet qui n'est pas de la région. Mais jusqu'à maintenant nos projets sortis étaient uniquement de la région Centre. La création de ce label vient aussi d'une envie de décliner la ligne artistique de Figures Libres, au sens large, sur des sorties physiques. Plusieurs membres de l'association sont attachés au support pjysique, donc il y avait ce désir de mettre en avant de beaux objets, de beaux vinyles et d'élargir la palette d'activités de Figures Libres. Sans oublier l'aspect de défense de ce que nous sommes : des acteurs du spectacle vivant, de la diffusion de la culture, de la transmission autrement. Nous sommes des artisans. L'envie était de créer un 360 en circuit court, avec des outils artisanaux, autour de la défense de projets sur la diffusion, le management, l'accompagnement et la sortie de disque. Nous voulions remettre du sens dans tout cela, tout en le faisant à notre manière.

> Quel a été l'impact de la crise COVID-19 sur le label Figures Libres Records ?

La crise nous a permis de développer l'activité. Pendant le confinement je me suis consacré à des missions syndicales, fédérales et mes collègues ont pu avoir des missions en lien avec le développement de ce label, pour des projets sur fin 2020, début 2021. Nous avons vu émerger de nouveaux projets parce que nous avions du temps à consacrer à cette activité, la diffusion s'étant arrêtée une fois que nous avions tout reporté, tout annulé. Cette activité a été assez salvatrice pour le moral. Il y a aussi des envies qui se nourrissent. Confinement ou non les artistes créént et ont envie de sortir des choses... nous n'avons pas tout accompagné, mais cela fut un beau terreau d'imagination et de projets à venir. Le label a aussi des incidences avec d'autres projets de résidences, de créations... Nous sommes vraiment en train de créer une partie du projet culturel de Figures Libres. Nous ne sommes pas sur une activité simplement commerciale, c'est un point d'ancrage, un autre volet de l'association.

> Comment envisages-tu le futur pour la structure ? La crise a-t-elle fait naître des idées de projets ?

Il est compliqué de se projeter à moyen ou long terme. Nous avons eu la chance d'être soutenus par les différentes puissances et tutelles publiques et de voir le soutien de nos partenaires publics perdurer. Je pense également qu'il continuera sur 2021 et les années à venir. Le modèle économique va certainement devoir être repensé et je ne parle pas que de Figures Libres. Le spectacle vivant dans son ensemble va devoir se poser des questions, peut-être ralentir, repenser ses jauges, sa manière d'appréhender le public, les tournées nationales, internationales vont être repensées... Nous nous adapterons face à tout cela. Figures Libres va devenir, à la fois un prescripteur de tendances auprès des diffuseurs de musique mais aussi un opérateur de cité, de villes. Les questions d'implantation dans la cité vont être accentuées, même si Figures Libres a toujours été engagé sur ce sujet. On s'interrogera sur la capacité à être un opérateur efficient par rapport à d'autres structures, de type structures sociales, structures de l'éducation et faire en sorte que tout ce bouillonnement transite par la diffusion et que cette diffusion re-jaillisse vers ces autres volets ; devenir plus opérant vers d'autres opérateurs et pas uniquement culturels. Les projets seront plus collaboratifs. Nous sommes dans une société qui va être en crise économique, sociale, psychologique... Notre rôle culturel, bien qu'il l'était déjà, va aller encore au delà de la simple proposition de concerts. Il va falloir réfléchir de manière plus large. Il va falloir se questionner sur la façon dont les musiques actuelles et nos formes de diffusion peuvent avoir une véritable incidence sur l'émancipation, le bien être, sur la façon de repenser notre société. Il faudra être une part opérante et active à tout cela ; remettre le sens de nos actions au coeur de nos décisions.

> Tu parles de collaborations, choses que vous faites déjà beaucoup notamment avec le Capsul Collectif et plus récemment lors des concerts de rentrée avec le Chato'do, la Halle aux Grains et l'Hectare... Avez-vous d'autres envies de collaborations, notamment avec d'autres structures de la région ?

Nous collaborons déjà activement avec plusieurs structures, notamment avec le Chato'do qui, par exemple, accueille cette semaine en résidence le groupe Pyjamarama, que nous accompagnons. Nous travaillons vraiment main dans la main avec Benjamin du Chato'do sur les créations de projets d'EAC, notamment avec So-lo-lo, Pierre Lambla et Turnsteak... Nous avons aussi des actions en collaboration avec d'autres structures labellisées telles que le Temps Machine, L'Astrolabe... mais nous avons toujours des envies. En ce moment nous travaillons aussi avec le Capsul Collectif. J'ai d'ailleurs récemment échangé avec Arnaud pour une contrabution à venir avec Veston Léger, une structure avec laquelle nous n'avions encore jamais collaboré. Nous travaillons aussi avec le Tricollectif. Je parle surtout des structures de collectifs d'artistes ou de diffusion parce que c'est notre champs d'action principal. Sur des questions de diffusion et de production de spectacles nous collaborons aussi avec Lyloprod. Nous sommes une structure d'accompagnement donc notre porte est toujours ouverte si des structures adhérentes à la Fraca-Ma, mais pas uniquement, ont besoin. D'autres projets se mettront certainement en place plus tard, notamment l'année prochaine avec le Charivari, pour lequel la partie américaine risque d'être moindre donc il y a aura surement des besoins plus importants de collectifs d'artistes en région Centre. Pour ce qui concerne la transmission et l'éducation au public nous travaillons beaucoup avec le Capsul Collectif parce que nous avons une vision assez commune des choses. Pendant les Rockomotives 2020 il y aura aussi la présence d'Un Je Ne Sais Quoi pour la diffusion, parce que nous programmons Tachycardie et In C mais aussi pour leur activité de label. Il y aura un plateau radio avec Radio Campus Orléans... Mais pour le moment nous attendons aussi de dépasser les Rockomotives et de voir comment se passera 2021. Le Charivari est toujours un bon terrain d'expérimentations, notamment sur ces questions de collaborations.

> À titre personnel, comment vois-tu le post-COVID ? Nous entendons beaucoup parler de solidarité, de retour à la simplicité, d'écologie... Penses-tu que tout cela perdure ? Et que souhaiterais-tu voir surgir de cette crise ? En bref, pour toi, quel serait le post-covid idéal, tout domaine confondu ?

Je souhaite que la notion de solidarité perdure. Il faut que nous réfléchissons de manière commune à des projets et que nous nous appuyons sur les expériences de chacun sur d'autres territoires, qui sont tous différents. Mais nous sommes dans un flou organisationnel, un flou autour des protocoles qui évoluent de jour en jour, du fait de la situation sanitaire. Il va falloir que nous absorbions 2021 pour savoir vers quoi nous tendons. Pour l'instant il est difficile de décider un meilleur avenir. J'espère que la diffusion, autrement que par de simples structures de diffusion lambda telles que nous sommes, ou dans des salles de diffusion classiques, pourront aller vers des temps de concerts dans des bars de villages, des bars associatifs, des granges, des fermes. Que nous réfléchissions toutes et tous à nos moyens d'action sur ces questions et que nous allions davantage au contact des populations sur des territoires de métropoles mais aussi sur des territoires ruraux, plus enclavés. Nous sommes des gros et des petits mais il faudrait que nous allions nos forces et nos compétences en SMAC, festivals... pour réfléchir communément à la façon d'aller à la rencontre de ces populations et de prendre par la main des développeurs ou des labels plus petits pour créer des programmes d'actions communs. Il y a plein de richesses inexploitées sur nos territoires. Ce serait bien que nos salles, nos lieux, et j'inclus Figures Libres dans mon propos, s'exportent, se décentralisent un peu plus sur des territoires qui ont besoin, qui sont coupés et qui sont encore plus isolés depuis le confinement. Plus largement, mon idéal serait que nous revoyons tous le sens de nos métiers qui est vraiment de créer du lien, de l'envie, de la curiosité... pour que cela redevienne nos priorités et que nous arrivions à nous absoudre des logiques uniquement mercantiles de grosses tournées. Recentrer nos envies. La situation va nous contraindre à ralentir et à repenser différemment, notamment en terme de circuit court et cela se prête aussi à la diffusion. Je pense que nous allons avoir de vraies belles discussions entre collègues de secteurs. L'humain va être le mot d'ordre à venir.

La relance va prendre du temps mais j'ai juste envie que nous participions, à l'échelle national et régional à cette relance de notre secteur.

 

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