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Catégorie : Autre

Rencontre avec Anaïs Rambaud, gérante de Yanaï Lab et adhérente à la Fraca-Ma

Rencontre avec Anaïs Rambaud, gérante de Yanaï Lab et adhérente à la Fraca-Ma

par Laure Clarenc - le 19/05/2020

Dans l'objectif de mettre en lumière ses adhérent(e)s et de favoriser les échanges, la Fraca-Ma lance une série d'interviews. Pour le premier épisode, découvrez l'entreprise Yanaï Lab et sa jeune créatrice Anaïs Rambaud.


> Bonjour Anaïs, tout d’abord peux-tu nous parler de toi ? Qui es-tu et quel est ton parcours ?


Je viens de Montargis et j’y ai passé mes 20 premières années. C’est là que j’ai découvert que j’aimais les concerts. J’ai fait de la guitare électrique, j’ai monté le journal de mon lycée… j’étais assez investie dans les associations. J’avais une chronique sur la musique rock à la radio locale et j’étais également bénévole au festival Musik’Air. Je pense qu’il y a eu un déclic à ce moment-là. Après le bac je suis partie à Paris et j’ai fait des études de médiation culturelle, avec un master de direction de projets culturels à la suite. Puis j’ai fait du journalisme culturel, parce que je rêvais d’être journaliste. Donc j’ai fait un peu les deux. J’ai fait des stages à la Cité de la musique, à la salle Pleyel, pour des sites de contenus. J’ai fait mon premier MaMA accréditée, j’ai aussi fait le Printemps de Bourges pendant 5 ans accréditée avec la radio locale. J’ai eu de nombreuses expériences qui m’ont permis de me dire « c’est dans les musiques actuelles que j’ai envie de travailler ». Puis à la fin de mon M2 j’avais envie de partir en Inde, d'apprendre l’anglais et aussi par attirance pour la culture. J’ai trouvé un service civique avec la Région Centre et l’Astrolabe pour partir un an coordonner les échanges artistiques entre la Région et le sud de l’Inde, le Tamil Nadu. Il y avait une coopération entre les deux territoires. Cela a vraiment été l’expérience de ma vie. À la suite, le service civique n’a pas été reconduit donc avec l’impulsion de mes confrères actuels, l’Astrolabe, la Fraca-Ma… j’ai eu le courage de monter mon auto-entreprise, devenue entreprise depuis, spécialisée dans l’export, la mobilité artistique et l’accompagnement d’artistes. Je suis aujourd’hui basée à Orléans.

> Depuis quand existe Yanaï Lab ? Peux-tu nous donner des exemples de projets que tu as mené ?


Yanaï Lab existe depuis 2016. Les projets que j’ai mené sont majoritairement liés avec l’Inde. Il y a eu Spicy Frog en 2016, une création franco-indienne avec le groupe orléanais Bobun Fever. Ensuite on a impulsé un autre projet de création franco-indienne avec le Capsul Collectif et le groupe Steak. Puis je me suis intéressée à d’autres territoires, comme l’Afrique de l’Ouest. J’ai monté la tournée de Majnun, un groupe de musique du monde installé à Orléans. Et avant la crise j’étais en train de préparer le projet d’Electric Vocuhila à Madagascar, une création avec des musiciens Malgaches, sur la musique tsapiky. Pour l’heure il est reporté. Il devait avoir lieu en septembre, j’espère qu’il se fera en 2021. Je fais également de l’accompagnement d’artiste, donc j’ai des projets plus petits. J’avais par exemple une mission Aux arts lycéens avec une danseuse à Pondichéry, que j’ai du rapatrier. Généralement ce sont des projets où j’aide au montage de dossiers etc.

 

 

> L’Inde, Madagascar, l’Afrique de l’Ouest… est-ce qu’il y a d’autres territoires que tu aimerais developper ?

Je suis très intéressée par le Maroc, un territoire où je me rends souvent, j’y fais des salons. D'ici quelques mois j'ai envie d'écrire une étude de marché pour voir comment se passent les musiques actuelles là-bas. Sinon je suis intéressée par l’Orient, la Turquie, le Moyen-Orient, l’Afrique Australe aussi.

> La crise liée au COVID-19 a certainement fortement impacté ta structure. Quel a été cet impact ? Et comme ça va actuellement ?

J’ai du gérer, comme tout le monde, l’annulation de projets et notamment le rapatriement d’une artiste comme évoqué précédemment, qui a été très compliqué. L’artiste s’est échappée in-extremis de la fermeture des frontières en Inde. Ma première difficulté a été de voir que les frontières se refermaient et aujourd’hui de ne pas savoir quand elles vont rouvrir. Sur l’Inde on parle d’un an et demi d’attente. Je ne sais pas si c’est officiel mais cela pourrait avoir des conséquences un peu dramatiques sur ma structure. Il faut repenser tout ça. La difficulté va être de tenir jusqu’en 2021 et en attendant, faire autre chose, comme maintenir le lien par Internet, puisqu’on a vu que ça pouvait fonctionner. Pour les projets, il faut trouver le moyen de convoquer les partenaires sur des temps d’échange. Et de tenir bon. Quand on pourra reprendre les concerts on pourra à nouveau faire des plans.

> Aujourd’hui, alors qu’on demande à certaines structures de reprendre leur activité professionnelle, comment est-ce que cela se passe pour Yanaï Lab ? As-tu mis des choses en place pour essayer de surmonter cette crise ?

Pendant les deux mois de confinement j’ai fait du journalisme et j’ai eu beaucoup à faire pour l’information. Les journalistes de France n’ont vraiment pas chômé pour cette crise. Pour Yanaï Lab j’ai maintenu une activité assez constante mais très minime : traiter les urgences, faire des bilans de dossiers de subvention. Je suis aussi administratrice en sous-traitance pour des compagnies donc je me suis formée au chômage partiel pour les intermittent.e.s (et ce n’était pas une partie de plaisir!). Finalement tout cela prend du temps. Et pour la reprise, c'est cette même mouvance : je vais pouvoir m’atteler à la refonte de mon site, re-convoquer les artistes pour voir s’ils veulent un accompagnement, essayer de leur dire que les portes sont ouvertes et qu’on peut se relancer sur des choses même si c’est très compliqué. Je pense que les appels à projets n’auront lieu qu’à la rentrée. Mais ça permet de réfléchir. On a plein de vieux dossiers à trier, de communication à faire… Je ne m’ennuierai jamais, même si Yanaï Lab n’a pas vraiment d’activité en ce moment. On se maintient en vie.

> Quand tu parles d’accompagnement d’artistes, de projets… est-ce que tu recherches de nouveaux artistes à accompagner ? Et si oui quel type d’artiste, d’accompagnement… As-tu des spécificités ?

Oui, je reste à l’écoute. Je n’ai pas de roster mais je travaille avec les artistes de manière ponctuelle et surtout sur la stratégie à l’export. Pour le moment ce n’est plus trop à l’ordre du jour mais je peux aussi écrire des dossiers de subvention, aider à refaire un site Internet, faire des budgets ensemble, essayer de se projeter… Il y a tout à fait moyen de se faire un programme d’accompagnement sur un temps donné.

> Quelles sont tes ambitions pour Yanaï Lab ?

Je pense qu’il va falloir qu’on se réinvente et j’aimerais bien que ma structure devienne un relais. J’aimerais qu’elle devienne un carrefour où plein de partenaires du monde entier se croisent sur des coopérations bien logiques. Par exemple pour l’Inde, il y a des liens avec des acteurs de la région et des partenaires indiens bien identifiés. Je souhaiterais que Yanaï Lab soit vraiment un endroit où on poste des contenus, qu’il y ait des choses qui soient faites pour maintenir ce lien et puis si je rêve un peu, j’aimerais bien embaucher à terme des régisseu.r.se.s de tournée, des chargé.e.s d’info-ressources, des administrateur.rice.s. J’aimerais bien une équipe. D’ailleurs Big Up à ma stagiaire Jeanne qui a commencé début mars avec moi mais avec qui j'ai du interrompre notre collaboration parce qu’on était loin l’une de l’autre. J’espère vraiment qu’on pourra retravailler ensemble.

> Pour toi, quel serait le post-covid idéal ? Lâche-toi, tu peux tout souhaiter !

Post-Covid je rêve d’un concert de Vitalic dans un hangar qui soit complètement survolté, une guinguette au clair de lune, des festivals qu’on aime et qui nous fassent vraiment vibrer. Quand on aura ça je pense vraiment que tout repartira, que nous serons plus stimulés, que l’inspiration sera là. Je suis assez positive, donc je ne crois pas trop à la 2ème vague. Je pense que tout va se remettre petit à petit à fonctionner. J’espère aussi que les gens ne vont pas avoir peur, qu’ils n’auront plus peur des autres.

Crédit photo @Gwendoline Blosse

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