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Zone Franche étudie la place des artistes étrangers dans les musiques actuelles

Zone Franche étudie la place des artistes étrangers dans les musiques actuelles

par Anaïs Rambaud - le 19/10/2019

Le réseau des musiques du monde, Zone Franche, a dévoilé il y a quelques jours, à l’occasion du MaMA festival et convention, les résultats d’une enquête effectuée auprès de ses adhérents portant sur la place des artistes étrangers dans les musiques actuelles.

Sur 160 adhérents, Zone Franche est parvenue à interroger 73 structures à l’occasion d’une enquête flash. Pendant trois semaines, plusieurs questions ont été posées à des acteurs de la production, la diffusion et de la musique enregistrée au sujet de la place des artistes étrangers au sein de leurs projets.

Pour les producteurs d’artistes étrangers

En ce qui concerne les structures dont l’activité est la production, 35% des ventes de concert des structures interrogées ont concerné, en 2018, des artistes étrangers. Cela représente une moyenne de 23,3 artistes étrangers embauchés pour des dates en France par producteur et 14,4 artistes étrangers embauchés à l’étranger par ces mêmes producteurs. Le nombre de dates effectuées en France est de 43, en moyenne, par producteur (contre 28 pour l’étranger).

La masse salariale concernant les artistes étrangers représente 20% du total de la masse salariale effectuée par les producteurs en 2018 (avec en moyenne 127,5 contrats par producteur). La moyenne des frais logistiques pour les dates des artistes étrangers s’établit, elle, à 56 247 € par producteur.

Pour les diffuseurs d’artistes étrangers

En ce qui concerne les diffuseurs, chacune des structures interrogées a, en moyenne, diffusé 70 artistes étrangers dans l’année 2018, pour un total de 39 dates. Les artistes étrangers représentent alors 19,8% de la masse salariale de ces structures (avec 53 contrats par diffuseur dans l’année en moyenne). Les actions culturelles, elles, sont moindres : la moyenne est de 11, pour l’année, par diffuseur. Enfin, les frais logistiques ont été de 26 637 euros en moyenne par diffuseur.

Pour les structures de musique enregistrée

En ce qui concerne la musique enregistrée, les structures qui ont répondu à l’enquête témoignent avoir produits ou distribués 93 albums d’artistes ou groupes étrangers en 2018, soit 23,3 albums par label, ce qui comprend 303 artistes, soit une moyenne de 76 artistes étrangers par label.

La question des visas

L’une des raisons qui a engagé Zone Franche dans cette enquête, c’est également la problématique des visas, régulièrement soulevée par les adhérents du réseau des musiques du monde. « Nos adhérents font face à des difficultés règlementaires et économiques pour les visas »,  a expliqué Pierre-Henri Frappat, directeur de Zone Franche, lors de la présentation de l’étude. « Nous avions besoin d’objectiver les demandes par des chiffres pour tenter de discuter avec les autorités afin d’assouplir les conditions ». Et les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2018, 36 visas ont été refusés pour les structures interrogées, sur 221 demandes effectuées. 44 concerts ont été annulés en conséquence, soit un préjudice estimé à 7 125 € par structure.

Les aides à la mobilité utilisées ?

Autre aspect interessant de cette étude, l’accessibilité des aides publiques à la mobilité des artistes. Elles ont été sollicitées par 58,3% des structures interrogées. L’Institut français et la Spedidam arrivant en tête des soutiens les plus obtenus par ces mêmes structures.

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