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Catégorie : En live

Issoudun Reggae Temple : 50 gendarmes pour les festivaliers, Tonnerre Live répond au Préfét

Issoudun Reggae Temple : 50 gendarmes pour les festivaliers, Tonnerre Live répond au Préfét

par Boris Adamczyk / Fraca-Ma - le 02/12/2016

Notre adhérent Tonnerre Productions tenait du 18 au 20 novembre dernier son festival Issoudun Reggae Temple. Quelques jours après la 4ème édition de ce rendez-vous incontournable de la scène reggae, les organisateurs interpellent le Préfet de l'Indre pour dénoncer un dispositif de sécurité mettant à mal la bonne tenue et la réussite du festival.

Retrouvez ci-dessous le courrier adressé au Préfet de l'Indre par Joffrey Dériaud, chargé de production au sein de l'équipe de Tonnerre Productions, adhérent de la Fraca-Ma :

« Suite à l'action délicate de l’État durant le festival notre chargé de production répond au Préfet de l'Indre. Citoyens partagez.

Monsieur le Préfet du département de l’Indre,
En tant que citoyen Français, moi Joffrey Dériaud, Chargé de Production, titulaire de la lettre d’encouragement Jeunesse et Sport signée par le Ministre de la Vie associative, titulaire du prix Action Jeune décerné par le Préfet de Région, titulaire du Trophée de l’Innovation remis par le Maire d’Issoudun, je vous pris de recevoir cette lettre en réponse à vos déclarations relatives au dispositif que vous avez mis en place les 19 et 20 novembre 2016 sur le Département de l’Indre lors de la quatrième édition de l’Issoudun Reggae Temple.

Je m’inscris en faux par rapport à votre argumentaire justifiant d’un dispositif de "prévention" standard. Mobiliser plusieurs dizaines de Gendarmes sur plusieurs dizaines de points de contrôle bloquant et contrôlant toute circulation est à mes yeux tout sauf banal. À mon sens, il ne manquait plus que quelques hélicoptères pour passer au niveau supérieur. De toute évidence il y a une interprétation sémantique qui nous met en désaccord. J’ai un respect sans faille auprès des représentants des forces de l’ordre, n’exécutant que des directives d’en haut. Vous parlez courageusement de dispositif de prévention, je parle de stigmatisation d’une population, et par n’importe laquelle, celle qui compose la France dans sa diversité, celle qui a besoin plus que jamais de s’épanouir dans des temps bien sombres. Vous, Monsieur le Préfet, vous participez à présent au climat anxiogène global, à la colère du citoyen que vous devez servir, car telle est votre mission. Il est surprenant que les moyens mis en place par l’État, payés par le contribuable et indirectement par les festivaliers, par nos impôts et prélèvements, soient utilisés à des fins de répressions. N’y a-t-il donc pas d’autres priorités à vos yeux ? Puis-je me permettre de vous citer des problématiques ou l’État a abandonné sa mission de "prévention" sur l’Indre ? L’opportunité d’un festival de reggae parait être trop belle pour l’État afin de remplir ses objectifs, au nom de la sacro sainte "statistique" et de l'obstination du chiffre.

Depuis plus de trois ans, Tonnerre Productions initie des projets pour un budget global dépassant les 400 k€, entraînant des retombées économiques sur son bassin de vie. Votre action du 19 et 20 novembre ne touche pas seulement notre dynamique associative (composée de pas moins de 50 bénévoles, 4 salariés et 3 stagiaires et plusieurs dizaines de sous-traitants), mais également l’ensemble de nos partenaires publics, privés et les médias locaux et nationaux, ces derniers se faisant échos de la situation. Vous avez instauré un climat négatif participant à la baisse des chiffres de notre événement car nous aussi, Monsieur le Préfet nous avons besoin de faire du chiffre et de remplir des objectifs. Ce fâcheux contexte révèle une nouvelle fois le décalage entre la France de nos élites et de nos dirigeants avec celles de nos citoyens.

Depuis toujours nous nous engageons dans le développement de notre territoire d’un point de vue culturel bien sûr, mais social aussi en multipliant les dispositifs avec les Missions Locales, les structures de prévention, les services de l’État (DDT, DDCSPP…) et les structures associatives du département. Notre impact porte également sur le plan économique avec les retombées financières (hôtellerie, restauration, commerces de proximité, prestataires) et touristiques. Vous avez sabré ce dernier point donnant à Issoudun une image de bastion sécuritaire inapprochable et terne.

À présent je souhaite savoir à quel niveau vous positionnez le curseur du surdimensionnent ou non, savoir si la centaine de Gendarmes pour 1 500 festivaliers est raisonnable et si 6 Gendarmes devant un café-concert pour 40 festivaliers semble également sensé un dimanche après-midi. Je tiens à vous remercier de vous préoccuper du bien être de nos festivaliers mais le festival n’a aucun historique négatif et votre action était bien, à mon sens, coûteuse et inadaptée. Ainsi nous gardons en tête que les encouragements que l’État décerne aux initiatives locales ne sont que factices puisque d’un autre côté il engage une répression forte. Pour finir, je me suis rendu lors des Journées du Patrimoine en Préfecture et au Château Raoul. Lors de ma visite aucun dispositif de sécurité, aucun contrôle d’identité et des sacs n’a été réalisé dans un lieu sensible et cela en plein état d’urgence. Je vous laisse méditer sur cela et rediscutons ensemble de l’action de l’État sur la protection du citoyen.
Par la même, je me permets d’adresser un courrier à Monsieur le Président du Conseil Régional du Centre-Val de Loire, à Monsieur le Président du Conseil Départemental de l’Indre, à Madame la Députée et à Monsieur le Maire d’Issoudun.

Veuillez agréer mes sincères salutations citoyennes.

Joffrey Dériaud »

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